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Ce qui se joue dans le corps
avant les apprentissages

Mouvement, jeu sensoriel et disponibilité pour apprendre.

Un enfant apprend avec tout son corps. Avant de pouvoir lire une ligne, tenir un crayon ou suivre une consigne, il faut que certaines choses soient devenues automatiques : stabiliser sa tête, filtrer ce qu'il ressent, savoir où il est dans l'espace, organiser un geste. Quand l'une de ces bases n'est pas installée, l'enfant y consacre une énergie considérable. Ce qui reste disponible pour apprendre diminue d'autant.

Ce coût est rarement visible. Il est souvent interprété comme un manque d'attention, d'application ou de volonté.

Quatre situations fréquentes

Le contrôle moteur de la tête. Un enfant qui ne stabilise pas sa tête compense en permanence, avec les épaules, le cou, le tronc. Or la stabilité du regard dépend de celle de la tête. Suivre une ligne de texte, passer du tableau au cahier, fixer un mot assez longtemps pour le décoder : tout cela suppose une base stable. Quand elle manque, l'enfant fatigue vite, perd sa ligne, saute des mots. Ce n'est pas d'abord un problème de lecture, c'est un coût moteur qui arrive avant la lecture.

Les stimulations tactiles et l'agitation sur la chaise. Un enfant qui gigote n'est pas toujours un enfant qui refuse de rester assis. Il peut être un enfant dont le système tactile signale sans arrêt ce que d'autres filtrent sans y penser : l'étiquette du tee-shirt, la couture des chaussettes, le contact du dossier, le voisin trop près. Bouger devient alors le seul moyen de faire baisser le signal. Tant que ces informations ne sont pas mieux intégrées, demander l'immobilité revient à demander d'ignorer quelque chose qui ne peut pas l'être.

L'équilibre, le vestibulaire et la proprioception. Tenir sur un pied, rester assis sans s'affaisser, traverser une classe sans bousculer, s'habiller debout. Quand les informations d'équilibre et de position du corps sont peu fiables, l'enfant mobilise l'essentiel de ses ressources à ne pas perdre sa stabilité. Il en reste peu pour écouter, écrire ou s'organiser. Ces enfants sont souvent décrits comme maladroits, avachis, ou toujours en train de s'appuyer sur quelque chose.

La surcharge sur une consigne unique. Une consigne qui paraît simple contient presque toujours plusieurs actions à séquencer : s'arrêter, ranger, se lever, prendre, se déplacer. Si l'organisation du geste ne se construit pas facilement, l'enfant se fige, fait autre chose, ou se met en difficulté relationnelle. Ce n'est pas de l'opposition. C'est un volume d'informations motrices à traiter au-delà de ce qu'il gère à cet instant.

Ce sur quoi je travaille

Je travaille ces bases par le jeu et par le mouvement, jamais sur table. La première séance se fait entièrement en jouant : je regarde comment l'enfant se déplace, se stabilise, réagit au contact, à l'équilibre, à la nouveauté et à une consigne. Il n'y a pas de bilan formel, ni de test.

Ensuite, selon ce que j'observe : le contrôle de la tête et du regard, l'intégration des informations tactiles, l'équilibre et la conscience du corps dans l'espace, la coordination, et la capacité à organiser une suite de gestes. L'objectif est de rendre automatique ce qui coûte cher, pour libérer de la disponibilité ailleurs.

Les médiums sont simples et connus : retournements, reptation, quadrupédie, parcours, jeux de rythme avec des objets et des sons variés, imitation d'animaux, jeux de groupe. Le travail reste invisible pour l'enfant, qui joue.

Ce que les familles rapportent en premier n'est d'ailleurs pas moteur : un enfant plus calme, plus disponible, qui reconnaît mieux ce qu'il ressent et qui se met plus facilement en lien avec les autres enfants.

Ce travail ne remplace pas le vôtre. Il porte sur des prérequis moteurs et sensoriels, et il vient en complément de ce que vous faites sur le langage, le geste graphique, les fonctions exécutives ou les apprentissages scolaires.

Ce que je ne fais pas

Je ne pose aucun diagnostic et je ne prends en charge aucun trouble des apprentissages. Je ne remplace ni l'orthophoniste, ni le psychomotricien, ni l'ergothérapeute, ni le médecin. Je n'évalue ni le langage, ni la lecture, ni les fonctions cognitives.

Si ce que j'observe relève de votre champ ou d'un bilan que l'enfant n'a pas encore eu, je le dis à la famille et je l'oriente.

Comment m'adresser un enfant

Transmettez mes coordonnées à la famille. La première séance dure 1 h 15, un parent est présent, et le compte rendu écrit est remis sous 48 heures. Je peux vous l'adresser avec l'accord des parents, et échanger avec vous en cours d'accompagnement si cela vous est utile.

Le travail se fait en individuel ou en petit groupe, selon ce que la situation demande. Le détail de l'accompagnement

Me contacter

Écrivez-moi en décrivant ce que vous observez. Je réponds à toutes les demandes de confrères et je me déplace volontiers pour vous rencontrer.

vera.lowe@outlook.fr · 06 48 64 89 94 · Mon parcours et mes modalités

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